La psychothérapie gestaltiste.

La psychothérapie gestaltiste individuelle

1. L’objet

Partant de l’idée que le petit enfant a élaboré des pensées, des sentiments, et des comportements défensifs face à des situations perçues comme dangereuses, voire extrêmement dangereuses, nous pensons que cette élaboration considérée comme ajustement créateur à l’époque, est en inéquation dans l’Ici et Maintenant, pour rentrer en contact avec son monde environnemental.

Dans l’impossibilité de se nourrir du plein contact, l’individu consultant est donc en grande souffrance.

Le processus thérapeutique consistera donc à accompagner ce client à retrouver le sens de la situation actuelle, à prendre conscience de son interdépendance avec le monde et découvrir des moyens d’échange, autres que ceux construits à l’occasion des traumatismes non intégrés, vu le quotient de vulnérabilité de la petite personne qu’il était.

2. Le rôle du Praticien

Les outils d’intervention utilisés par le praticien pour accompagner le client sur son chemin de redécouverte sont nombreux.

Quels que soient les outils utilisés, le praticien s’attachera à prendre les attitudes suivantes :

  • Ici et Maintenant : le praticien n’analysera pas le passé du client. Seule la manière dont la personne élabore son expérience ici et maintenant intéressera le travail.
  • Bien sûr, les souvenirs du passé sont présents mais pas les faits et de même les projets sont présents mais pas leur réalisation. Donc...pas d’analyse.
  • L’accueil inconditionnel : le praticien accueillera inconditionnellement l’expérience du client ainsi que les pensées et sentiments qu’il éprouve lui-même face au client.
  • Contact et Frontière-Contact Le praticien aidera le client à réaliser le plein contact avec son environnement. Pour ce faire, il accompagnera le client dans son travail d’accueil et de digestion de ses résistances au contact
  • L’interdépendance : dans toute situation, tout est interdépendant : toutes les personnes avec leurs pensées, leurs émotions, leurs souvenirs, leurs projets ainsi que tous les êtres vivants ou simplement matériels qui sont présents dans une situation sont interdépendants. Le praticien aidera le client à reconnaître cette interdépendance, à y trouver sa place, et à agir afin de la modifier.
  • La curiosité et l’ouverture à l’incertitude Le praticien sera curieux,sans aucun jugement, des expériences du client. Il aidera le client à accueillir, encore une fois sans aucun jugement, ses expériences et lui proposera de s’ouvrir à l’incertitude pour faire de nouvelles découvertes.
  • L’implication : le praticien s’impliquera autant que possible dans l’expérience ici et maintenant du client. Il évitera d’expliquer "Si j’explique, je ne m’implique pas...Si je m’implique, je n’explique pas" (JM Robine)
  • L’engagement : le praticien s’engage à accompagner le client sur son chemin, quel que soit celui-ci. Tout diagnostic ou pronostic ,quant au changement du client doivent être exclus.(JM Robine) "Les étiquettes, c’est pour les bouteilles" (Staemmler)

3. La Gestalt Praxis

La gestalt-thérapie, en tant que psycho-thérapie, nous paraît tellement loin du modèle médical que nous aurions préféré adopter la dénomination gestalt-Praxis suggérée par notre regretté confrère Michel Katzeff pour éviter toute confusion avec la logique médicale.

En effet, le mot thérapie appartient, dans notre culture, au monde médical.

La thérapie dans ce cadre implique :
- un diagnostic
- un plan de traitement
- un pronostic quant à la guérison

Si la formation du gestalt-praticien implique un apprentissage approfondi d’un ou plusieurs modèles de psychopathologie, nous nous interdirons d’y faire référence au cours de notre travail (les étiquettes, c’est pour les bouteilles- Staemmler).

De même nous n’avons pas de plan de traitement ni de pronostic quant à la guérison : nous nous engageons à accompagner le client sur SON chemin vers SON autonomie, quel que soit son chemin et quel que soit son mode d’aboutissement, pourvu qu’il soit autonome.

Malheureusement, les termes "gestalt-praxis" et son corollaire "gestalt-praticien" (pour gestalt-thérapeute) sont trop peu diffusés dans la communauté gestaltiste, que nous avons préféré y renoncer pour le moment.

4. Le but

Le but du travail gestaltiste est l’autonomie. Reste à définir le mot. Nous procéderons en deux phases :

D’abord,

être autonome dans une situation donnée, c’est y trouver sa place en étant conscient que tous les éléments de cette situation sont interdépendants et que l’on a la liberté d’agir sur cette interdépendance.

Ensuite,

être totalement autonome, c’est pouvoir appliquer la définition ci-dessus à toutes les situations...mais... Personnellement je serais content avec 80%.

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