1.1 - Les 4 stades de développement du couple.
1.2 - L’engagement.
1.3 - Les 5 éléments qui cimentent le couple. (Virginia Satir, Jean-Paul et Anne Sauzède)
Pour nous, le couple ne peut être qu’un projet adulte, qui consiste en une rencontre bâtie sur l’histoire sexuelle et relationnelle de chacun, oedipienne, parfois incestueuse ou incestuelle, avec les inégalités, les lacunes, les besoins innocemment revanchards mais surtout fondée sur le désir profond d’être investi, reconnu, entendu, considéré entouré de prévenances et de sollicitude !
Le couple doit être un espace où chacun des partenaires va pouvoir s’épanouir, grandir et retrouver, grâce à la personne aimée, la partie de lui qu’il a du enfouir dans le couffin, afin de pouvoir survivre à l’éducation, et faire face aux ambitions de la culture.
A) La rencontre (le coup de foudre).
B) La découverte.
C) La traversée du désert.
D) Le don
A) La rencontre.
Ce que nous désignons sous le vocable de « rencontre », a une durée variant de quelques heures à quelques jours maximum. C’est le temps nécessaire qu’il faudra pour prendre conscience que quelque chose se passe, qu’il y a un inconfort dans le contact avec l’Autre. Et, si nous voulons rester honnêtes avec nous-mêmes, il faudra avoir le cran de nommer ce qui se vit ; embarras, troubles, attirances sexuelles, joies.
Cette réalité porte un nom ! L’attente de se revoir, palpitations à n’en plus finir, angoisse que ce désir ne soit partagé ! C’est le « coup de foudre » ! Cette conscientisation peut poindre alors qu’on se côtoie depuis plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années. Dans son élan, le message de notre héros se traduit par un : C’est avec LUI (ELLE) que je veux vivre !
Si cette attirance est partagée, le couple établit alors deux contrats :
a) un contrat conscient :
C’est avec cette personne là que je veux parcourir une étape de ma vie. Parce que j’aime … son caractère, ses goûts, son odeur. Parce que j’apprécie chez elle son physique, sa logique de pensées. Parce qu’avec elle, je ne m’ennuierai jamais. Parce qu’elle est aimante, nourricière…
Parce que je serai respectée, valorisée, il est en effet capitaine de l’équipe de football du collège, comme l’était mon père à son âge ! Parce qu’il sera un « bon père » pour les enfants que je veux avoir. Nous avons bien sûr les mêmes valeurs ! Parce qu’il va m’ouvrir à sa culture ! Etc., etc…
b) un contrat non conscient :
C’est avec lui (elle) que je vais attester de mes croyances sur moi-même, les autres et la qualité de la vie !
A noter que contrats conscients et non conscients sont intimement liés ; ils sont en effet tous les deux élaborés dans la petite enfance, à partir de la génétique et des expériences primitives de l’environnement. Certains éléments doivent être refoulés dans l’inconscient car ils ne peuvent être assimilés par le petit enfant. Ce refoulement est à l’origine de nos croyances sur nous-mêmes, les autres et la qualité de la vie. Cette édification de nos représentations de nous-mêmes et de notre rapport au monde, fut indispensable à notre survie dans cet environnement, et le moindre doute émis, quant à la validité de nos convictions, remettrait notre identité en question,… du moins le croyons-nous !
A titre d’exemple, citons :
Pour une femme : je ne suis pas digne d’amour, je n’ai pas droit à l’argent ; je ne veux pas être comme ma mère, je dois cacher mes compétences, mais faire mes preuves…
Pour un homme : les femmes sont menaçantes, elles me rendent responsables de leur destin, m’investissent de pouvoir que je n’ai pas et puis m’abandonnent…
Je dois être fort, je n’ai pas droit à l’erreur...
Nous voyons bien qu’il s’agit de « croyances qui ont garanti notre survie » au moment de leur élaboration et qui ne font plus figure de sagesse aujourd’hui.
B) La découverte
Cette phase dure de plusieurs mois à plusieurs années, voire plus de 10,15 ou 20 ans.
C’est dans cette phase que l’on met en œuvre le contrat conscient susmentionné. On séduit, on offre, on risque, on fait des projets, on investit, on découvre tous les aspects de l’autre : ce qu’il aime manger ; ses films préférés ; ce qui l’excite dans la sexualité ; etc…
C’est une phase pleine de tendresse, d’attentes, d’attentions d’amour, de passion, de motivation, de vie…
C) La traversée du désert.
« Il n’y a plus assez d’énergie dans la découverte pour nourrir la relation. »
Petit-à-petit, l’énergie amoureuse s’amenuise, certains projets sont réalisés ou en cours de l’être, et le couple s’installe dans le quotidien où il se regarde vivre, insatisfait.
Les liens se sont créés, on s’y accroche et on va alors puiser l’énergie de la relation dans le contrat inconscient : naissent les conflits, les trahisons, les litiges, les doutes, les tromperies qui, quoiqu’ils soient sources de souffrance, captivent et mobilisent les partenaires.
Cela peut paraître paradoxal mais il en est néanmoins ainsi ; car si, recevoir des coups de pied stimule, on sait malheureusement que le ressenti de la blessure est plus vif que l’éprouvé d’une caresse. Quoique ces conflits sollicitent et interpellent le couple dans sa relation, celui-ci est néanmoins souffrant et il y a risque, si la situation perdure, que l’un des partenaires rompe la relation …d’une manière ou d’une autre :
un divorce ; une maladie ; un accident…
C’est alors que le couple prend parfois conscience qu’il ne peut s’en tirer seul et qu’il a besoin d’une aide extérieure telle qu’une thérapie de couple, pour obtenir un éclairage sur ce qui se joue à un niveau non conscient et lui donner jour.
D) Le Don
Lorsque le couple a traversé le désert, il entre dans la phase de don .
JE VAIS TE DONNER TOUT CE QUE JE PEUX POUR QUE TU PUISSES VIVRE TA VIE avec moi ET TU ME DONNERAS TOUT CE QUE TU PEUX POUR QUE JE PUISSE VIVRE LA MIENNE avec toi.
Il s’agit de : - pardonner, de parts donner (redonner les parts), de par don !
La thérapie de couple consiste à accompagner nos clients à conscientiser le côté pathologique de leurs modes d’échange.
Le couple fait alors l’expérimentation de l’Autrement.
Il s’atèle à focaliser les énergies vers la création d’une nouvelle façon d’exister, vers un ajustement qui n’a plus rien à voir avec adaptation, oh combien pathologique.
En s’appuyant sur leur authenticité nouvellement appréhendée, les compagnons trouvent leur propre équilibre ainsi que l’identité et la singularité de leur couple.
Ce couple unique où chacun des partenaires pourra s’épanouir en respectant sa différence.
Nous n’avons aucune idée préconçue de « comment » un couple devrait vivre, notre rôle de soignants se limitant à accompagner LE COUPLE DANS SA DECOUVERTE.
Dans les deux premières phases de développement du couple, l’engagement n’est pas vraiment nécessaire : tout coule de source, tout est spontané. C’est dans la 3ème phase, la traversée du désert, que le couple doit décider s’il s’engage avec le/la partenaire à résoudre toutes les situations, délicates, faciles, difficiles, folles voire conflictuelles.
A cet effet, nous proposons un engagement total, inconditionnel :
En fonction de notre amour, je m’engage à résoudre avec toi toutes les situations en trouvant des solutions qui nous font grandir tous les deux et ceci sans aucun pré-requis et quelles que soient les conséquences pratiques des solutions que nous aurons trouvées.
Cet engagement implique que je vais accueillir librement les changements que je vais découvrir chez moi à travers toi.
Tous les mots de ce texte ont été mûrement réfléchis et pesés ; nous invitons chacun à y penser.
Remarquons qu’il s’agit d’un contrat pour le bonheur et la croissance, contrairement à l’engagement habituel dans notre culture qui est « POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE » souvent avec 90% de pire.
Selon Virginia Satir, systémicienne et aussi gestaltiste réputée, la cohésion du couple se fonde sur quatre thèmes :
le journalier.
le philosophique.
le social.
l ’érotique.
Comme nos confrères, Jean-Paul & Anne Sauzède, nous y avons ajouté l’argent. L’argent, symbolique de nos valeurs, de nos positions sociales, de notre place, de notre capacité à créer, mais surtout, tentative inconsciente de réparation et de déculpabilisation lors d’une rupture.
l’argent.
Selon Virginia Satir, lorsque 3 de ces modes de fonctionnement donnent satisfaction aux partenaires du couple, celui-ci a tendance à poursuivre son chemin, à ne pas se séparer.
L’on peut regarder ce phénomène selon la bouteille à moitié pleine ou la bouteille à moitié vide, et acclamer le fait que si 3 de ces représentations de vie concordent entre les partenaires, le couple ne se séparera probablement pas.
Nous pensons qu’il y a à nommer les facettes discordantes et le pour quoi de l’impossible rencontre dans l’un ou l’autre de ces domaines.
Si il y a rapprochement et création des 2 partenaires aux niveaux philosophique, érotique, et social, le couple va alors renoncer à sa réalisation économique et payer le stress d’un journalier et d’une gestion de l’argent, insatisfaisants, ces désunions étayant les croyances de l’un et l’autre, plutôt que les ancrer dans une opportunité à s’ouvrir à une autre interaction de l’autre et de soi.